Serment historique de quatre députés : "Je respecterai les traités conclus avec les peuples autochtones"

Dans un geste inédit, quatre députés du NPD élus le 19 octobre reconnaissent par serment les traités signés entre Autochtones et la Couronne depuis 1701 lors de leur assermentation

Les députés Pierre Nantel, Romeo Saganash, Niki Ashton et Georgina Jolibois ont choisi de reconnaître, par leur serment au Parlement à Ottawa, les traités conclus avec les nations autochtones.

Après avoir prêté le serment obligatoire prévu par la Constitution, Georgina Jolibois (élue du NPD pour la circonscription de Desnethé—Missinippi—Churchill River, assermentée hier le 1er décembre) et Niki Ashton (députée de Churchill, assermentée aujourd'hui) ont exprimé la phrase suivante : "J'affirme également que je respecterai dans l'exercice de mes fonctions les traités conclus avec les peuples autochtones."

Les élus du NPD Pierre Nantel (Longueuil--Saint-Hubert, assermenté le 23 novembre), Romeo Saganash (Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou, assermenté le 27 novembre) ont prononcé le même serment la semaine dernière.

Les quatre députés se sont inspirés de la recommandation 94 de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada qui, en juin 2015, proposait que soit modifiée le serment de citoyenneté canadienne pour y inclure une reconnaissance des traités avec les peuples autochtones. Notons que le chef du Parti libéral Justin Trudeau s'est engagé avant les élections à réaliser toutes les recommandations de la Commission.

Romeo Saganash a exprimé son engagement envers les recommendations de la Commission de vérité et de reconciliation. « Si la Commission recommande que les néo-Canadiens doivent reconnaître cette relation historique, je pense qu’il est encore plus important que les députés affirment qu’ils respecteront les traités. Cette affirmation pourrait faire partie des assermentations futures des députés dans les parlements à venir, et j’espère qu’on pourra travailler ensemble pour y arriver. »

"Je suis très fière de me joindre à mes collègues en continuant à amener les recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation au Parlement, a commenté la députée Niki Ashton. Les peuples des Premières nations, Métis et Inuit nous ont donné un mandat fort pour faire une différence en allant de l’avant. »

« Cette déclaration est un symbole important pour ouvrir une nouvelle ère de réconciliation et d'égalité avec les nations autochtones, a dit Pierre Nantel immédiatement après son assermentation. On a trop longtemps négligé nos relations avec ces peuples fondateurs, et aujourd’hui les Québécois comme les Canadiens sentent bien le besoin de participer à une démarche de réconciliation avec les peuples des Premières Nations, Inuit et Métis. Aujourd’hui on fait un premier pas sur ce chemin du vivre-ensemble. »

« En tant que fière Dénée, et représentante d’une circonscription qui valorise les langues des Premières nations et des Métis, je crois que les langues des autochtones doivent être respectées, appuyées et protégées. On peut y arriver en honorant et en respectant les traités, a dit Georgina Jolibois. En proposant de changer le serment de citoyenneté, la Commission de Vérité et réconciliation rappelle la valeur constitutionnelle des traités signés avec les peuples autochtones. Nous appelons le gouvernement à ne pas attendre pour agir sur les 94 recommandations pour la réconciliation qu’a proposée la Commission. »

Le geste des quatre députés permet de réaffirmer l'importance constitutionnelle des traités historiques et modernes, de la Grande Paix de Montréal de 1701 à aujourd'hui. Les députés invitent leurs collègues -- et par le fait même, le gouvernement du Canada -- à s'engager volontairement par cette déclaration envers de nouvelles relations de réconciliation et de respect entre le Canada et les Premières nations, les Inuits et les Métis.