Pourquoi réformer notre mode de scrutin?

L’enjeu de la réforme électorale au Canada n’est pas nouveau : des politologues ont commencé à relever des lacunes dans notre système électoral depuis 1960! Plusieurs gouvernements, autant fédéraux que provinciaux, se sont déjà penchés sur la question et ont fait des recherches extensives. 

Une des plus grandes faiblesses de notre système électoral est qu’il ne représente pas la volonté populaire. Étant donné qu’il est fondé sur le principe du « gagnant remporte tout », un grand nombre de votes ne se convertissent pas en siège. Par exemple, lors de la dernière élection, plus de 9 millions de votes n’ont eu aucune influence sur les résultats, car ils étaient pour des candidats perdants dans chacune des circonscriptions au pays.

Un autre effet néfaste de ce système est qu’il produit régulièrement de fausses majorités. On parle de fausse majorité quand un parti reçoit une majorité de sièges au Parlement sans avoir obtenu une majorité du vote populaire. Prenons l’exemple du Parti libéral aux dernières élections, qui a remporté 100% du pouvoir en ne récoltant que 39,5% des votes.  Avec de tels résultats, ne nous surprenons pas que plusieurs trouvent ce système injuste. 

 

 

Notre mode de scrutin actuel vise également à favoriser les partis qui ont des bastions régionaux. Inversement, des partis politiques dont les appuis sont dispersés à l'échelle nationale ont du mal à remporter des sièges.

Finalement, il faut également souligner que comme seul est élu celui qui arrive premier, les partis politiques tendent à présenter des candidats «sûrs» (référence aux bastions régionaux), ce qui peut contribuer aux obstacles à l'investiture et à l'élection à la Chambre des communes des femmes, des Autochtones et des groupes minoritaires.

La réforme du système électoral présente de grands défis. Cependant, il s'agit d'un enjeu de justice fondamentale. Un système électoral proportionnel permettrait de mieux représenter la voix de tous les Canadiennes et Canadiens, ce qui symbolise un investissement fondamental pour notre démocratie. 

Plusieurs pays, tels que la Nouvelle-Zélande et l’Irlande, ont démontré qu’il était possible de changer leur système de scrutin uninominal à un tour pour celui de représentation proportionnelle. L’Allemagne et les pays scandinaves, pour ne nommer qu’eux, ont également un système proportionnel mixte. Le Canada est capable de faire de même et de réformer son système électoral pour le mieux. 

Récemment, le gouvernement a mandaté un comité spécial de la Chambre des communes pour mener des consultations sur une réforme électorale, notamment sur le vote préférentiel, la représentation proportionnelle, le vote en ligne et le vote obligatoire.